Les autorités algériennes se sont retrouvées confrontées à une vague de critiques généralisées en matière de droits humains et politiques, après avoir remis l’opposant tunisien Seif Eddine Makhlouf à leur homologue tunisien, le 18 janvier 2026, via le poste frontière de Bouche, alors qu’il avait le statut de demandeur d’asile auprès du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés.
Les défenseurs des droits de l’homme ont estimé que cette démarche constituait un écart grave par rapport aux engagements internationaux de l’Algérie et une violation flagrante du principe de non-refoulement énoncé dans la Convention de Genève de 1951, à laquelle l’Algérie est partie, d’autant plus que l’intéressé se trouvait à un stade avancé de la procédure d’asile, comme l’ont confirmé sa famille et son équipe de défense.
Selon des données identiques, Makhlouf était détenu depuis octobre 2024 au centre Sidi El Hawari de la ville d’Oran, dans le cadre d’une affaire liée à l’entrée irrégulière, avant d’être expulsé dans des circonstances que sa défense a qualifiées d’« ambiguës », puisqu’il a été informé qu’il avait quitté le centre de détention pour des raisons administratives, pour ensuite se retrouver remis aux services de sécurité tunisiens à la frontière.
Sa famille et ses avocats ont tenu les autorités algériennes pleinement responsables de ce qui pourrait résulter de cette décision, estimant qu’elle exprime une nette primauté des considérations sécuritaires et politiques au détriment des obligations humanitaires et juridiques, et témoigne d’un changement profond dans la politique traditionnelle de l’Algérie, qui s’est longtemps présentée comme un refuge pour les opposants politiques de la région.
Les poursuites judiciaires contre Saïf al-Din Makhlouf remontent à la période postérieure au 25 juillet 2021, date de l’annonce de mesures exceptionnelles par le président tunisien Kais Saied, alors qu’il faisait face à une série de dossiers devant la justice militaire et civile, dans lesquels des peines de prison ont été prononcées par contumace dans des dossiers que l’opposition tunisienne qualifie de « politiques ».
Dans ce contexte, les organisations internationales de défense des droits de l’homme ont considéré que les actes de l’Algérie constituent un précédent inquiétant dans la région du Maghreb et reflètent une tendance croissante à une coordination sécuritaire transfrontalière pour remettre les dissidents, au lieu de respecter les mécanismes internationaux de protection des réfugiés.
L’ancien président tunisien Moncef Marzouki a également qualifié cette décision de « tache sur le bilan des autorités algériennes », estimant qu’elle contredit une histoire politique associée au soutien des mouvements de libération et à l’aide à ceux qui fuient les persécutions.
Les observateurs avertissent que cette affaire pourrait nuire à l’image des droits humains de l’Algérie au niveau international et ouvrir la porte à une responsabilité juridique et internationale quant à l’étendue de son engagement envers les accords de protection des réfugiés, à un moment où les craintes augmentent que la région ne se transforme en un espace dangereux pour les opposants politiques.
Source :Ma presse
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