جدل واسع في موريتانيا بعد توجه حكومي لإنهاء التعليم الخاص تدريجياً وتوحيد المنظومة المدرسية

Polémique généralisée en Mauritanie après la décision du gouvernement de mettre progressivement fin à l’enseignement privé et d’unifier le système scolaire

Nouakchott –La nouvelle tendance du gouvernement mauritanien vers l’abolition progressive de l’enseignement privé a suscité une large controverse dans les cercles éducatifs et sociaux, entre les partisans qui y voient une étape vers l’égalité et l’unification de la qualité de l’éducation, et les opposants qui mettent en garde contre ses répercussions sur l’emploi et la structure éducative du pays.

Cette discussion s’inscrit dans le cadre des réformes éducatives lancées par les autorités mauritaniennes depuis 2022, visant à renforcer l’enseignement public et à unifier le système scolaire d’ici 2030, en rendant l’enseignement de base et préparatoire gratuit et obligatoire pour tous les enfants.

Dans le cadre de ces réformes, les écoles privées cesseront progressivement d’accueillir de nouveaux élèves après 2027, tout en ne maintenant que l’enseignement secondaire privé dans sa phase finale, ce qui a suscité de nombreuses inquiétudes parmi les propriétaires d’écoles, les enseignants et les familles associées à ce secteur.

Le gouvernement mauritanien estime que le nouveau projet vise à réduire les disparités sociales et à garantir l’égalité des chances entre les différents groupes de la société, notamment à la lumière de la disparité persistante dans l’accès à l’éducation entre les régions et les groupes sociaux.

Dans ce contexte, Mohamed Salek Ould Taleb a souligné que les réformes visent à construire « une école unifiée pour tous », ajoutant que « tous les élèves porteront le même uniforme et recevront la même éducation du sud au nord ».

D’un autre côté, plusieurs travailleurs du secteur de l’enseignement privé ont exprimé leur inquiétude quant à l’impact de ces décisions sur l’avenir des établissements d’enseignement privés et les opportunités d’emploi qui y sont associées.

Mayah Ould Abdel-Wadoud a déclaré que les changements sont « accélérés et soudains », notant que certaines écoles ont déjà commencé à fermer des sections primaires, provoquant des pertes financières mensuelles et la crainte d’une vague plus large de fermetures dans les années à venir.

Les données de l’UNESCO indiquent qu’environ 30 % des enfants d’âge scolaire en Mauritanie ne sont pas scolarisés, tandis qu’un grand nombre d’élèves rencontrent des difficultés en lecture et en compréhension de base des textes à l’âge de dix ans.

Les données de la Banque mondiale indiquent également qu’environ 58 % de la population mauritanienne souffre de pauvreté, ce qui limite sa capacité à accéder à une éducation de qualité et à d’autres services de base.

Ce dossier remet sur le devant de la scène le débat lié aux disparités sociales et ethniques en Mauritanie, les autorités considérant que le renforcement de l’école publique peut contribuer à réduire les disparités et à parvenir à une plus grande intégration entre les différentes composantes de la société.

D’un autre côté, les critiques de la réforme estiment que les écoles privées accueillent déjà des élèves issus de diverses origines sociales et ethniques, estimant que la véritable crise réside dans la faiblesse des infrastructures éducatives et des ressources humaines, et non dans la nature du système éducatif lui-même.

Ce projet devrait continuer de susciter la polémique dans les prochains mois, à l’approche des étapes pratiques de mise en œuvre du plan de restructuration de l’éducation en Mauritanie.

Source :“Ma presse”

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