L’économiste et penseur algérien Nordin Boukrouh a mis en garde contre ce qu’il a qualifié d’indicateurs inquiétants dans la trajectoire politique et économique de l’Algérie, estimant que certains traits de l’expérience algérienne sont devenus similaires à l’expérience vénézuélienne, notamment au niveau de la gouvernance autoritaire et de la dépendance excessive aux revenus pétroliers, ainsi que des risques internes et des tensions externes qui peuvent en résulter.
Boukrouh, ancien ministre algérien et l’une des voix critiques les plus connues, a expliqué dans un article de blog qu’il a publié le week-end dernier que la comparaison avec le Venezuela découle d’une similitude structurelle dans le style de gestion du pouvoir et de l’économie, indiquant que la poursuite de ces choix peut conduire à des résultats incalculables dans un contexte international en rapide évolution.
Selon la même source, l’Algérie et le Venezuela partagent une économie rentière basée principalement sur le pétrole, et un discours politique à caractère populiste, avec une forte présence de l’autorité centrale en échange de faibles mécanismes d’équilibre et de responsabilisation. Sur le plan interne, Boukrouh a évoqué des indicateurs tels que la baisse de la valeur du dinar, l’expansion du marché parallèle de la monnaie et la montée des tensions sociales, outre les répercussions des prix de l’énergie sur le pouvoir d’achat.
Sur le plan extérieur, le penseur algérien a attiré l’attention sur ce qu’il considère comme une accumulation de dossiers sensibles, notamment les conflits frontaliers et les défis de sécurité régionale, en plus des critiques internationales liées aux dossiers des droits de l’homme et de la sécurité transfrontalière, estimant que ces facteurs ensemble peuvent affecter la stabilité du pays et sa position régionale.
Dans un article de blog ultérieur, Boukrouh a utilisé une métaphore maghrébine du « clin d’œil » et du « dab » pour expliquer, selon lui, comment les grandes puissances traitent les régimes qui ignorent les signaux d’alerte précoce, rappelant dans ce contexte l’expérience du président vénézuélien Nicolas Maduro, qui estime que son parcours politique s’est terminé dans l’isolement et la pression internationale croissante.
Il a également évoqué la politique de l’ancien président américain Donald Trump, estimant que la lecture que font certains régimes du silence de Washington pourrait être, selon son analyse, une lecture inexacte des conséquences possibles.
En conclusion de son analyse, Boukrouh a appelé à l’ouverture d’un large débat national, à travers une conférence globale réévaluant les options politiques, économiques et diplomatiques de l’Algérie, au lieu de poursuivre les approches traditionnelles, soulignant que l’étape actuelle nécessite une plus grande préparation pour faire face aux transformations géopolitiques qui s’accélèrent, que ce soit au niveau des relations régionales ou de l’équilibre des forces internationales, surtout dans un environnement marqué par des dossiers complexes, notamment la question du Sahara marocain et les relations avec son voisinage régional.
Source :Ma presse
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