الأحد , سبتمبر 13 2026

La Mauritanie entre la polémique de la troisième mission et la future position sur le Sahara marocain

Le débat sur la possibilité pour le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh Ghazouani de briguer un troisième mandat est revenu sur le devant de la scène, à l’heure où le pays s’approche de la phase de l’après-gouvernement, en raison de l’absence d’une personnalité claire capable d’émerger comme un successeur au sein du camp majoritaire.

Bien qu’Al-Ghazouani n’ait pas annoncé son intention de briguer un mandat supplémentaire, les demandes persistantes réclamant son maintien soulèvent un large débat sur l’avenir du transfert du pouvoir et le respect des règles constitutionnelles.

Les observateurs estiment que ce qui est plus important que la question de la troisième mission est la nature de la phase politique qui suivra Ghazwani, et la mesure dans laquelle la majorité actuelle sera capable de maintenir sa cohésion après son départ du pouvoir, ainsi que l’identité de la personnalité qui pourrait bénéficier du soutien du régime et des cercles influents de la scène politique mauritanienne.

Parallèlement à ce débat interne, les relations maroco-mauritaniennes et la question du Sahara apparaissent comme parmi les dossiers les plus marquants susceptibles de déterminer les traits de l’héritage régional du président Ghazouani. Durant son règne, Nouakchott a adopté une politique basée sur ce qui est décrit comme une « neutralité positive », en maintenant des relations équilibrées avec le Maroc et l’Algérie et en évitant toute implication directe dans le conflit du Sahara.

Hassan Indah Al-Kihal, l’un des notables des tribus du sud, estime que les rapides transformations régionales et internationales, outre les évolutions du dossier du Sahara, pourraient pousser la Mauritanie à reconsidérer le niveau de clarté de sa position sur la proposition marocaine d’autonomie. Il a estimé que le renforcement de la coopération avec le Maroc sert les intérêts économiques, sécuritaires et stratégiques de la Mauritanie, compte tenu de la proximité géographique et des intérêts imbriqués entre les deux pays.

Concernant les affaires intérieures, Al-Kihal a exclu l’existence d’indications claires d’un projet réel de troisième mandat pour Al-Ghazouani, soulignant que le fait que certains votes continuent de l’exiger ne signifie pas nécessairement que le président adoptera cette option. Il a en revanche indiqué que l’attention se tourne vers l’après-Ghazouani, évoquant l’émergence de noms proches des milieux gouvernementaux, dont le ministre de l’Intérieur Mohamed Ahmed Ould Mohamed Lamine Ould Lahouirthi, comme l’un des noms susceptibles d’être présents dans les discussions sur la succession politique.

De son côté, le journaliste mauritanien intéressé par les affaires maghrébines, Cheikh Ahmed Amin, estime qu’Al-Ghazouani a réussi, durant les années de son règne, à maintenir un équilibre délicat entre Rabat et l’Algérie, profitant de la situation géographique et politique sensible de la Mauritanie. Cependant, les transformations dont a été témoin la région et le renforcement de la présence marocaine en Afrique, ainsi que les évolutions liées à la question du Sahara, pourraient contraindre Nouakchott à recalibrer sa politique étrangère.

Cheikh Ahmed estime qu’un plus grand rapprochement mauritanien avec la position marocaine sur l’autonomie ne signifiera pas nécessairement que Nouakchott abandonne ses relations avec l’Algérie ou en fasse une partie directe au conflit, mais qu’il pourrait plutôt s’effectuer dans le cadre du soutien à une solution politique réaliste, tout en maintenant des canaux de communication avec les différentes parties.

Ainsi, la prochaine étape en Mauritanie semble être régie par deux droits parallèles : le premier est politique interne lié au transfert de pouvoir et au futur transfert de pouvoir, et le second est régional lié à la position de Nouakchott dans l’équilibre changeant entre le Maroc et l’Algérie et l’avenir de sa position sur la question du Sahara.

La question la plus importante demeure : Ghazouani quittera-t-il le pouvoir dans le cadre d’une transition constitutionnelle claire et s’il laissera-t-il derrière lui la politique mauritanienne à l’égard de la question du Sahara telle qu’elle est, ou s’orientera-t-il, à la fin de son mandat, vers une position plus claire et plus proche de l’initiative marocaine d’autonomie ?

Source :Ma presse