Libye –La mise en œuvre d’une peine de flagellation publique contre une femme dans la ville de Sebha, dans le sud de la Libye, a déclenché une vaste vague de controverses humaines et juridiques, après la diffusion d’un clip vidéo documentant l’exécution de la peine dans une voie publique, en présence de nombreux passants, un incident que les militants des droits humains ont considéré comme un précédent qui soulève des questions sur le degré de respect des procédures légales lors de l’exécution des peines.
La vidéo qui circule montre une femme à genoux, tandis qu’un membre de la police judiciaire exécutait une peine de flagellation, après avoir lu une décision rendue par le tribunal pénal de South Sabha le 21 juillet 2026, la punissant de 100 coups de fouet dans une affaire liée à l’accusation d’adultère.
#Sabha| La police judiciaire exécute une décision judiciaire contre une femme dans une affaire pénale, dans le cadre d’une procédure qui s’est déroulée publiquement dans la ville de Sabha.pic.twitter.com/rItwXbPZYN
– Crimes de la milice (@NEFWEW7vyIiR9IA)23 juillet 2026
L’exécution de la sentence dans un lieu public a suscité des réactions mitigées, car certains la considéraient comme une application des dispositions de la loi, tandis que d’autres la considéraient comme incompatible avec les procédures légales, se demandant pourquoi ce type de sentence était exécuté publiquement, alors que d’autres sanctions prévues par la loi, comme la punition pour vol, ne sont pas appliquées publiquement, malgré la multiplication des cas de corruption et de détournement de fonds.
Dans ce contexte, le militant libyen des droits de l’homme Tariq Lamloum a demandé sur quelle base juridique s’est appuyé le tribunal, comment prouver l’accusation et si toutes les garanties judiciaires ont été respectées, ainsi que le sort de l’autre partie dans l’affaire, estimant que ce qui s’est passé soulève des questions sur le principe d’égalité devant la justice.
Pour sa part, le chef de l’Institution nationale des droits de l’homme en Libye, Ahmed Abdel Hakim Hamza, a expliqué que la loi n° 70 de 1973 établissant la répression de l’adultère ne prévoit pas que la punition soit exécutée en public ou publiée dans les médias, précisant que la loi prévoit la mise en œuvre de la flagellation à l’intérieur du commissariat de police, en présence du procureur et d’un médecin spécialiste, et après que le jugement soit devenu définitif.
L’Institution nationale des droits de l’homme a également estimé que cet incident constituait un « dangereux précédent », appelant au respect des garanties juridiques et à ne pas transformer l’exécution des peines en scènes publiques susceptibles de porter atteinte à la dignité des personnes ou de susciter des controverses sociétales.
L’incident a remis au premier plan le débat sur la justice et l’application de la loi en Libye, surtout à la lumière des critiques répétées concernant la propagation de la corruption et des délits financiers, contrairement à l’absence de scènes similaires d’exécution des peines contre les personnes impliquées dans des cas de détournement de fonds publics ou de vol.
Cet incident survient à un moment où la Libye est toujours confrontée à une division politique et institutionnelle entre deux gouvernements concurrents, dans un contexte de controverse persistante sur la performance des institutions judiciaires et sécuritaires et des mécanismes d’exécution des jugements.
Source :“Ma presse”
صحافة بلادي صحيفة إلكترونية مغاربية متجددة على مدار الساعة تعنى بشؤون المغرب الجزائر ليبيا موريتانيا تونس