La hausse des prix des médicaments en Tunisie suscite la polémique… inquiétudes pour les patients et appels à une réforme du système pharmaceutique

Tunisie –Les récentes augmentations des prix d’environ 300 médicaments en Tunisie ont suscité une large vague de polémiques, sur fond d’alertes sur leurs répercussions sur les patients, notamment ceux souffrant de maladies chroniques, au moment où experts et organisations confirment que la crise dépasse la question des prix pour inclure les déséquilibres structurels du système médical et de son financement.

Selon les données disponibles, la révision des prix a inclus un certain nombre de médicaments essentiels, car l’organisation « ALART » a considéré que certaines des augmentations étaient significatives, soulignant que la décision n’a pas été précédée d’une annonce officielle ou d’un plan de communication expliquant ses raisons et les mécanismes pour l’accompagner, même si elle a reconnu que les prix de certains médicaments ne reflétaient pas les coûts actuels d’importation et de production.

L’organisation a attribué ces évolutions aux pressions financières auxquelles est confrontée la pharmacie centrale tunisienne, en raison du coût élevé de l’approvisionnement et de l’accumulation de dettes, appelant à une réforme globale du système de tarification des médicaments qui équilibre la durabilité du secteur et garantisse le droit des citoyens au traitement, en tenant compte du pouvoir d’achat des familles.

Pour sa part, le représentant Muhammad Ali a exprimé son refus de faire supporter aux patients le coût de la crise, estimant que la réforme du secteur doit commencer par remédier aux déséquilibres structurels en matière de financement et de gouvernance, tout en appelant à ce que le gouvernement soit tenu responsable des fondements sur lesquels repose la décision d’augmenter et des mesures d’accompagnement pour protéger les groupes vulnérables et les patients atteints de maladies chroniques.

L’économiste Reda Al-Shakandali estime également que la hausse des prix des médicaments soulève des questions sur la capacité de l’État à maintenir son rôle social, avertissant que les pressions financières continues pourraient affecter la disponibilité de certains médicaments à l’avenir, ce qui nécessite l’adoption d’une politique nationale globale pour renforcer la sécurité des médicaments et assurer la continuité de l’approvisionnement en médicaments essentiels.

D’autre part, le Syndicat tunisien des propriétaires de pharmacies privées a souligné que la révision des prix doit être basée sur des normes claires, prenant en compte le pouvoir d’achat du citoyen et garantissant la continuité de l’approvisionnement en médicaments et la continuité du travail des pharmacies, indiquant qu’elle n’a pas été impliquée dans la récente décision.

Source :“Ma presse”

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