Algérie –Une panne de courant généralisée qui a touché 16 États algériens a relancé le débat sur l’état de préparation des infrastructures énergétiques du pays, après que la panne ait duré des heures dans plusieurs régions, malgré les autorités qui ont annoncé au cours des derniers mois qu’elles disposaient d’un large excédent de production d’électricité et envisageaient de l’exporter vers l’Europe.
Le ministère algérien de l’Energie a expliqué que la panne est partie d’une installation électrique stratégique dans la région de Sidi Okba dans l’État de Biskra, affectée par des températures et une humidité élevées, avant de s’étendre à travers le réseau national pour toucher plusieurs États de l’est du pays, avec des perturbations variables enregistrées dans d’autres régions, dont la capitale, Alger, Ghardaïa et Bouira.
Le ministère a confirmé que les équipes techniques ont pu rétablir progressivement l’alimentation électrique après l’intervention d’une cellule de crise et le suivi direct des hauts responsables, et a qualifié l’incident d’« exceptionnel ».
Cette panne a déclenché un large débat sur la capacité du réseau de transport et de distribution d’électricité à faire face aux perturbations et à l’augmentation de la demande, d’autant plus que l’Algérie est l’un des plus grands producteurs de gaz naturel d’Afrique et que ses centrales de production d’électricité dépendent presque entièrement de cette ressource.
Les observateurs estiment que la crise a mis en évidence la différence entre la capacité de production d’électricité et l’efficacité des réseaux de transport et de distribution, car la disponibilité d’une production excédentaire ne garantit pas nécessairement la continuité du service en cas de faiblesse des infrastructures ou de systèmes de protection et de contrôle limités.
Cela intervient au moment où le président algérien Abdelmadjid Tebboune avait précédemment annoncé que le pays disposait d’un excédent d’environ 12 000 mégawatts, en parlant de projets d’exportation d’électricité vers l’Europe, notamment à travers l’interconnexion avec l’Italie, en plus de continuer à approvisionner la Tunisie en énergie pendant les périodes de pointe.
Sonelgaz avait précédemment annoncé l’augmentation de ses capacités de production en ajoutant 1 850 mégawatts, mais l’incident récent s’est recentré sur les défis de modernisation du réseau national, après que les autorités ont approuvé le lancement d’un programme quinquennal visant à développer les systèmes de surveillance et de contrôle et à améliorer la flexibilité du réseau électrique.
Dans le même contexte, un projet de centrale électrique réalisé par l’Algérie au Niger d’une capacité de production de 40 mégawatts est revenu sur le devant de la scène, dans le cadre de projets de coopération avec les pays du Sahel, ce qui a amené certains observateurs à s’interroger sur les priorités d’investissement entre soutien à des projets extérieurs et renforcement des infrastructures internes.
Les spécialistes confirment que l’augmentation des vagues de chaleur et la forte demande d’électricité nécessitent d’accélérer la modernisation des réseaux de transport et de distribution, d’assurer la stabilité des approvisionnements et de réduire les risques de pannes récurrentes et généralisées à l’avenir.
Source : “Ma presse”
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