Tunisie –Les avocats tunisiens sont entrés dans une nouvelle phase d’escalade des protestations, après avoir lancé des mouvements de terrain et des grèves dans un certain nombre de tribunaux, pour exprimer leur rejet de ce qu’ils considèrent comme un déclin des garanties d’un procès équitable et une restriction à l’exercice de la profession d’avocat.
Aux abords du Palais de Justice de la capitale tunisienne, un certain nombre d’avocats se sont rassemblés qui ont brandi des slogans critiquant l’état du pouvoir judiciaire et les conditions d’exercice de la profession, au moment où les avocats de divers tribunaux portaient des brassards rouges comme une étape symbolique dans le cadre du programme de protestation annoncé.
Les manifestants ont soulevé des revendications liées à la garantie de l’indépendance du pouvoir judiciaire et au respect des droits de la défense, en plus d’appeler à l’ouverture d’un dialogue sur les dossiers professionnels en suspens et les conditions de travail au sein des tribunaux.
Boubacar Belthabet, doyen des avocats tunisiens, a affirmé que l’autorité adhère à ses exigences liées aux réformes et aux garanties juridiques, soulignant la poursuite des mouvements de contestation au cours de la prochaine étape.
Cette escalade intervient à la lumière des tensions persistantes entre l’Ordre des avocats et Leila Jaffal, la ministre tunisienne de la Justice, sur fond de dossiers liés à l’organisation des audiences judiciaires et de certaines affaires à caractère politique, sans compter les suites judiciaires qui ont touché un certain nombre d’avocats.
Un certain nombre d’avocats s’opposent également à l’adoption de procès à distance dans certaines affaires, estimant que cela pose des problèmes liés à la garantie de conditions de procès équitables et des droits de la défense.
Il est prévu que les manifestations se poursuivront progressivement au cours des prochaines semaines dans plusieurs villes tunisiennes, conduisant à une grève générale nationale annoncée par l’Autorité professionnelle des avocats à la mi-juin.
Les observateurs estiment que ces évolutions reflètent le débat permanent en Tunisie sur l’indépendance des institutions judiciaires et les limites des relations entre le pouvoir exécutif et les organismes professionnels associés au système judiciaire.
Source :“Ma presse”
صحافة بلادي صحيفة إلكترونية مغاربية متجددة على مدار الساعة تعنى بشؤون المغرب الجزائر ليبيا موريتانيا تونس