Nouakchott –Le dossier des citoyens non enregistrés au système d’état civil biométrique est revenu au premier plan du débat politique en Mauritanie, après qu’une séance parlementaire a été consacrée à interroger le ministre de l’Intérieur et de la Promotion de la Décentralisation et du Développement local sur les mesures prises pour traiter ce dossier qui suscite un débat permanent en matière d’identité et de citoyenneté.
La responsabilité parlementaire est venue à l’initiative du représentant Kadiata Malik Jallow, qui a soulevé les problèmes auxquels un certain nombre de citoyens sont encore confrontés pour obtenir leurs documents d’état civil et s’intégrer au Registre national de la population.
Ce dossier est considéré comme l’une des questions les plus sensibles en Mauritanie ces dernières années, en raison de son lien avec les droits de citoyenneté et l’accès aux services de base, en plus de son chevauchement avec les questions d’identité et d’appartenance nationale dans un pays caractérisé par sa diversité sociale et culturelle.
Au cours de la séance, le ministre de l’Intérieur a confirmé que le gouvernement a adopté un nouveau mécanisme pour résoudre les problèmes en suspens, en créant 238 comités locaux répartis dans les différentes municipalités du pays, chargés d’étudier les demandes d’enregistrement et de vérifier les données liées aux cartes d’identité civiles des citoyens.
Le gouvernant a expliqué que ces commissions ont permis l’enregistrement de plus de 36 mille citoyens en moins d’un an, estimant que les résultats enregistrés reflètent l’efficacité de la nouvelle approche et sa capacité à régler un nombre important de dossiers restés en suspens depuis des années.
Le ministre a souligné que l’enregistrement à l’état civil est devenu un service permanent ouvert aux citoyens qui remplissent les conditions légales, au lieu de se limiter à des campagnes exceptionnelles et limitées dans le temps comme c’était le cas auparavant.
D’un autre côté, les militants des droits de l’homme et les partis d’opposition estiment que cette question nécessite encore des efforts supplémentaires pour accélérer le traitement des demandes en attente et garantir que tous les citoyens obtiennent des documents civils leur permettant de bénéficier de leurs droits constitutionnels et des services administratifs de base.
Le débat en cours sur ce dossier reflète le défi existant entre les exigences de protection du Registre national de la population et de garantie de l’exactitude des données civiles, et la nécessité de donner à tous les citoyens le droit de s’inscrire et d’obtenir des documents officiels.
Malgré les chiffres fournis par le gouvernement concernant le règlement de milliers de dossiers, la re-présentation de la question au Parlement confirme que le dossier des non-inscrits à l’état civil figure toujours parmi les questions les plus marquantes soulevées sur la scène politique et judiciaire en Mauritanie.
Source :“Ma presse”
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