Jeudi soir, la Cour d’appel tunisienne a prononcé des peines de prison allant de trois à 24 ans dans ce qui est connu dans les médias comme l’affaire de « déportation » vers des foyers de tension, et concernait d’anciens responsables politiques et sécuritaires.
Le tribunal a décidé d’emprisonner Ali Al-Arayedh, leader du mouvement Ennahda, chef du gouvernement et ancien ministre de l’Intérieur, pour une période de 24 ans, alors que sa peine initiale était de 34 ans. Il a également décidé d’emprisonner Abdel Karim Al-Obeidi, ancien chef de la brigade de protection des avions à l’aéroport international de Tunis-Carthage, pour une période de 22 ans, après 26 ans dans la première étape du procès.
La décision concerne également Saif al Din al Rayes, l’ancien porte-parole d’Ansar al Sharia, dont la peine a été réduite de 24 ans à trois ans.
Les faits du dossier remontent à des enquêtes lancées en décembre 2021, concernant des accusations de facilitation du départ de combattants tunisiens vers la Syrie et la Libye à la suite des événements de 2011, dans le contexte des troubles que connaissait alors la région. Les autorités estiment depuis cette date le nombre de ceux qui ont quitté le pays pour combattre à l’étranger à environ trois mille personnes, dont environ 800 sont revenues, dont un certain nombre font l’objet de poursuites judiciaires ou de procédures de contrôle administratif.
Ali Al-Arayedh a occupé les postes de ministre de l’Intérieur puis de Premier ministre entre 2011 et 2014. Il a nié à plusieurs reprises toute implication dans la facilitation du transfert de combattants, indiquant dans des déclarations précédentes qu’il avait pris une décision classant « Ansar al-Sharia » comme organisation terroriste en 2013, à la suite de l’assassinat des opposants Chokri Belaid et Mohamed Brahmi.
Ces décisions s’inscrivent dans le cadre d’un processus judiciaire en cours lié aux dossiers de terrorisme et aux réseaux de recrutement et de recrutement, dans un contexte de divergences de positions politiques et en matière de droits de l’homme sur la question et ses répercussions.
Source :“Ma presse”
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