قيس سعيد تونس

Des militants internationaux des droits humains tirent la sonnette d’alarme en Tunisie… accusés de porter atteinte au système judiciaire et de s’en prendre aux avocats et aux défenseurs des droits

Tunisie-Les autorités tunisiennes font face à une vague croissante de critiques internationales après les accusations explicites de la Commission internationale de juristes et de dizaines d’organisations de défense des droits de l’homme d’avoir lancé ce qu’elles ont décrit comme une « campagne systématique d’intimidation et de vengeance » contre des avocats, des juges et des défenseurs des droits de l’homme, dans une évolution qui reflète l’ampleur des inquiétudes croissantes quant à la réalité des libertés et de l’indépendance du pouvoir judiciaire dans le pays.

Dans une déclaration commune signée par une quarantaine d’organisations internationales de défense des droits de l’homme, la Commission internationale de juristes a appelé les autorités tunisiennes à mettre fin à ce qu’elle considère comme des poursuites arbitraires et des pratiques restrictives visant les voix indépendantes du droit et des droits de l’homme, appelant à la libération immédiate des avocats et des défenseurs des droits de l’homme détenus en raison de leurs activités liées à la défense des droits et libertés.

L’avertissement en matière de droits humains ne se limitait pas aux conditions de détention, mais s’étendait plutôt à ce que les organisations décrivaient comme des tentatives croissantes d’affaiblir l’indépendance du pouvoir judiciaire en ciblant d’éminents juges et militants des organismes professionnels judiciaires. La déclaration fait référence au cas du juge Anas Hamidi comme exemple de ce que les organisations considèrent comme une pression croissante sur les voix défendant l’indépendance du pouvoir judiciaire.

Les organisations signataires ont également mis en garde contre les répercussions de l’ingérence dans le travail des barreaux et des associations indépendantes, estimant que la poursuite de ces pratiques menace l’équilibre institutionnel et porte atteinte aux garanties fondamentales de l’État de droit, notamment à la lumière des plaintes croissantes liées à la liberté d’expression, au travail juridique et journalistique.

Le communiqué souligne que les avocats doivent pouvoir exercer leurs devoirs professionnels en toute liberté et sans crainte de poursuites ou de sanctions pour les dossiers qu’ils traitent, y compris les dossiers d’opposants politiques ou de victimes de violations des droits de l’homme, appelant à la fin des mesures visant les journalistes, militants et associations indépendantes.

Ces avertissements internationaux croissants placent la Tunisie devant un test sensible quant à l’étendue de son engagement envers les normes internationales des droits de l’homme et l’indépendance du pouvoir judiciaire, à un moment où les organisations de défense des droits de l’homme parlent d’une restriction croissante de l’espace civil, tandis que les appels se multiplient pour fournir de réelles garanties qui protègent le pouvoir judiciaire, la profession juridique et le travail en faveur des droits de l’homme de toute pression ou ingérence.

Les observateurs estiment que l’émission de cette position collective par des dizaines d’organisations internationales ne représente pas seulement une critique passagère, mais plutôt un message d’avertissement fort sur le parcours juridique et judiciaire de la Tunisie, et les répercussions qu’il peut avoir sur l’image du pays et ses obligations internationales en matière d’État de droit et de libertés fondamentales.

Source : “Ma presse”

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