Mauritanie. Les appels à amender la constitution et à ouvrir la troisième mission du président Ghazouani suscitent une large controverse

Nouakchott –La Mauritanie assiste à une escalade du débat politique sur la possibilité d’amender la constitution pour ouvrir la porte à une troisième mission présidentielle au président Mohamed Ould Cheikh Ghazouani, alors que ce débat passe des espaces politiques informels aux positions publiques émises par des personnalités et des partis au sein de la majorité soutenant le pouvoir.

Dans ses dernières prises de position, le chef du parti « Hiwar », Fala Bint Mini, a appelé le président Ghazouani à briguer un troisième mandat, estimant que les acquis enregistrés ces dernières années dans les domaines de la stabilité et des réformes économiques, sociales et éducatives justifient la poursuite de l’approche actuelle.

Bint Minni a souligné que la constitution tire sa légitimité de la volonté du peuple et qu’elle peut être amendée selon ce que voit la majorité, notant la disponibilité d’une majorité parlementaire capable d’adopter toute réforme constitutionnelle si elle parvient à un consensus politique.

Cette proposition a remis au premier plan le débat sur la détermination des mandats présidentiels, à un moment où cela coïncide avec les préparatifs du prochain dialogue national, qui se heurte à des désaccords entre l’opposition et la majorité concernant l’inscription de ce dossier à son ordre du jour.

L’opposition estime que la spécification des deux missions représente un acquis démocratique fondamental et une garantie pour éviter le monopole du pouvoir, soulignant son refus d’inclure le dossier dans le dialogue national, tandis que la majorité estime que la discussion doit avoir lieu dans le cadre du dialogue sans lignes rouges préalables.

De son côté, le chef du parti « Tawasul », Hammadi Ould Al-Mukhtar, a souligné que les articles constitutionnels relatifs aux mandats présidentiels sont inviolables, estimant que la passation pacifique du pouvoir représente un pilier de la stabilité politique du pays.

En revanche, les partis majoritaires affirment que toute discussion sur le dossier doit avoir lieu dans le cadre du dialogue national, tout en refusant d’annoncer des positions définitives en dehors de ce cadre.

Les observateurs estiment que la controverse actuelle ne se limite pas à l’aspect constitutionnel, mais reflète plutôt un conflit plus large sur l’avenir de la prochaine phase politique en Mauritanie, notamment à l’approche de la fin de la deuxième mission du président Ghazouani, dans un contraste saisissant entre ceux qui appellent à la continuité et ceux qui s’accrochent au plafond des deux missions.

Source : “Ma presse”

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