nWakchott –Dimanche soir, l’opposition mauritanienne a intensifié ses critiques à l’égard du gouvernement, l’accusant de ne pas avoir réussi à résoudre la crise économique et des services et de lutter contre la corruption, lors d’une manifestation organisée dans la ville de Nouadhibou, au nord-ouest du pays, quelques jours avant le début des sessions attendues du dialogue national.
L’opposition a choisi la ville de Nouadhibou, la deuxième plus grande ville de Mauritanie et sa capitale économique, pour organiser cette manifestation, face à la crise de soif persistante dont souffre la ville depuis des années, malgré le lancement de projets gouvernementaux successifs pour faire face à la crise de l’eau.
Le chef de la Fondation de l’opposition démocratique et chef du parti Rassemblement national pour la réforme et le développement (Tawasul), Hammadi Ould Sidi Al-Mukhtar, a déclaré que les politiques gouvernementales sont « un échec dans tous les sens du terme », estimant que la persistance de la crise de l’eau et l’incapacité des habitants de Nouadhibou à bénéficier des ressources naturelles dont regorge la région reflètent, selon ses propres termes, une mauvaise gestion des ressources publiques.
Il a ajouté que les citoyens sont confrontés à des conditions de vie difficiles en raison de la hausse des prix, soulignant que l’opposition avait déjà présenté des propositions pour remédier aux prix élevés, mais qu’elle n’avait reçu aucune interaction de la part du gouvernement.
De son côté, le président tournant de la Coalition de l’opposition démocratique, Mohamed Ould Mouloud, a tenu la corruption pour responsable des crises persistantes que traverse le pays, estimant que le problème n’est pas lié au manque de ressources, mais plutôt à la mauvaise gestion et au gaspillage de l’argent public.
Il a souligné que le gouvernement avait annoncé précédemment des projets visant à sécuriser l’eau potable, notamment un projet de dessalement de l’eau de mer et un autre dont le coût dépassait les 80 millions de dollars. Cependant, selon lui, ces projets n’ont pas réussi à mettre fin à la crise de soif à laquelle est confrontée la ville.
Ould Mouloud a appelé à l’ouverture d’enquêtes sur l’échec de ces projets et à demander des comptes aux responsables, appelant les citoyens à unir leurs efforts pour défendre leurs droits et lutter contre la corruption.
Cette escalade intervient au moment où la Mauritanie s’apprête à lancer un dialogue national entre le gouvernement et l’opposition, après que les partis politiques ont signé un document représentant une feuille de route pour le dialogue, malgré les désaccords persistants sur un certain nombre de questions politiques et constitutionnelles.
La question de l’amendement de la Constitution est le point de discorde le plus important, car les partis d’opposition rejettent toute révision des articles qui déterminent le nombre de mandats présidentiels, tandis que les partis de la majorité au pouvoir soutiennent leur amendement pour permettre au président Mohamed Ould Cheikh Ghazouani de briguer un troisième mandat présidentiel lors des élections de 2029, ce que l’opposition considère comme une violation du principe de transfert pacifique du pouvoir.
Les observateurs estiment que les mouvements de l’opposition à Nouadhibou reflètent une tentative d’exploiter la crise économique et celle des services pour accroître la pression politique sur le gouvernement, ce qui coïncide avec une étape cruciale précédant le lancement du dialogue national, qui devrait façonner la scène politique mauritanienne dans les années à venir.
Source :“Ma presse”
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