RabatDans un nouveau développement qui reflète les tensions persistantes entre le ministère de la Justice et les organismes d’avocats, le ministre de la Justice Abdel Latif Wehbe a annoncé que le ministère a commencé à surveiller et à recueillir les articles de blog et les commentaires publiés par un certain nombre d’avocats concernant le projet de loi n°66.23relative à la réglementation de la profession juridique, en vue de la soumettre à une étude juridique visant à déterminer si elle comprend des violations disciplinaires ou des actes pouvant être de nature pénale.
Wehbe a expliqué, lors d’une réunion de la Commission de Justice, Législation et Droits de l’Homme de la Chambre des Conseillers, que le ministère n’a pas encore décidé de la nature des mesures qu’il prendra, mais il a souligné que l’option de renvoyer certains articles du blog au ministère public reste sur la table s’il s’avère qu’ils incluent des actes criminalisés par la loi, précisant que la décision sera prise après consultation du Premier ministre.
Le ministre de la Justice a ajouté que le ministère était en train d’évaluer ce qui a été publié par certains avocats sur les sites de médias sociaux, estimant que certains de ces messages, selon son évaluation, dépassaient les limites de la liberté d’expression et de la critique légitime, et atteignaient un niveau qui viole le respect des institutions constitutionnelles, rappelant dans ce contexte les exigences des chapitres263 et 265 du Code criminelPour vérifier son applicabilité à certains contenus publiés.
Wehbe a souligné que parmi les exemples trouvés par le ministère, il y avait un billet de blog d’un avocat stagiaire dans lequel il appelait, selon lui, à renvoyer un certain nombre de ses collègues aux conseils de discipline, estimant que de telles positions mettent en évidence la nécessité d’améliorer la formation liée à la culture constitutionnelle et institutionnelle au sein de la profession juridique.
Le ministre a également exprimé sa conviction de la nécessité d’inclure un cours spécial sur la politique constitutionnelle dans les programmes de formation des avocats, dans le but de renforcer la connaissance des compétences des institutions constitutionnelles et d’établir une culture de respect de la loi, tout en soulignant que cela n’entre pas en conflit avec la liberté d’opinion et d’expression garantie par la Constitution.
Ces déclarations interviennent dans le contexte de la controverse en cours qui accompagne le projet de loi n°66.23Régulateur de la profession juridique, qui a suscité ces derniers mois un large conflit entre le ministère de la Justice et les composantes de la profession, notamment l’Ordre des Barreaux du Maroc et un certain nombre d’organismes professionnels, en raison d’exigences que ceux qui la rejettent considèrent comme affectant l’indépendance de la profession et l’autorégulation des organismes.
L’Association des barreaux du Maroc avait précédemment exprimé son rejet d’un certain nombre d’articles du projet, estimant qu’ils comportent des « régressions » qui affectent l’indépendance de la profession et son rôle constitutionnel dans la défense des droits et libertés, et a appelé à une révision du texte de manière à préserver l’immunité et l’indépendance de la profession, tandis que le ministère de la Justice confirme que le projet s’inscrit dans le cadre des ateliers de modernisation du système juridique et de développement du cadre régissant la profession.
Source :“Ma presse”
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