Tunisie –La vague des prix de la viande rouge continue de monter en Tunisie à l’approche du mois de Ramadan, sur fond de craintes de hausses supplémentaires coïncidant avec la hausse de la demande saisonnière, ce qui soulève des questions sur la capacité des groupes à faible revenu à maintenir la présence de viande sur leurs tables.
Prix élevés avant le Ramadan
Selon les données surveillées au marché central de la capitale, le prix du kilogramme de viande d’agneau atteignait dans certaines zones entre 63 et 65 dinars (environ 22 dollars), tandis que le prix de la viande de bœuf variait entre 45 et 47 dinars le kilogramme. Le prix du « Barshani » (bouc) a également atteint environ 51,9 dinars.
Cette augmentation intervient dans un contexte économique caractérisé par des salaires relativement stables, puisque le salaire minimum garanti est d’environ 528 dinars par mois, tandis que les travailleurs des secteurs de l’agriculture et du bâtiment perçoivent environ 30 dinars par jour, ce qui fait que le prix d’un kilogramme d’agneau équivaut à environ deux journées de salaire.
Accusations de spéculation et demandes de plafonnement des prix
Lotfi Riahi, président de l’Organisation tunisienne d’orientation du consommateur, a considéré que les spéculateurs et les marges bénéficiaires élevées sont parmi les principales raisons expliquant les prix élevés, soulignant que certains commerçants n’ont pas respecté le prix plafond qui avait été fixé à environ 40 dinars le kilogramme lors d’initiatives précédentes.
Al-Riahi a appelé à la structuration du système de prix et à l’intervention des autorités compétentes pour contrôler le marché, en particulier pendant le mois de Ramadan, lorsque la demande augmente de manière significative, considérant que les prix de la viande rouge affectent à leur tour le reste des produits de consommation.
Le cheptel a diminué et le coût de l’alimentation a augmenté. Pour sa part, Shukri Al-Rizqi, membre du bureau exécutif de la Fédération tunisienne de l’agriculture et de la pêche, a expliqué que la diminution du cheptel suite à des années de sécheresse représente un facteur majeur dans la hausse des prix, en plus de la pénurie de fourrage naturel et de la dépendance croissante à l’égard du fourrage sec importé à prix élevé.
Il a souligné que le secteur est confronté à des défis structurels, notamment la faiblesse des infrastructures et la difficulté de fournir de la main d’œuvre, ce qui affecte la stabilité de la production et l’équilibre du marché.
Contrebande de bétail et pratiques non réglementées
De son côté, Ahmed Al-Amiri, président de la Chambre des bouchers de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et des industries traditionnelles, a attribué une partie de cette augmentation à la contrebande de bétail à l’extérieur du pays, en plus de la réticence de certains éleveurs à engraisser et des pratiques de certains intermédiaires non réglementés.
Il a souligné que les professionnels s’efforcent de fournir de la viande à des prix compatibles avec le pouvoir d’achat, notamment pendant le Ramadan et l’Aïd al-Adha, compte tenu de la baisse du pourcentage d’animaux sacrificiels ces dernières années en raison des prix élevés.
Défis sociaux et économiques
À la lumière de ces données, les observateurs s’interrogent sur l’avenir des prix de la viande dans les semaines à venir et sur la question de savoir si les mesures réglementaires seront suffisantes pour réduire la pression sur les consommateurs, notamment les groupes vulnérables, pendant le mois du Ramadan, qui connaît habituellement une augmentation de la consommation alimentaire.
Source :
“Ma presse” “صحافة بلادي”
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