Ahmed Ould Abdallah, ancien ministre mauritanien des Affaires étrangères, a confirmé que la décision d’ouvrir un nouveau passage terrestre entre la Mauritanie et le Maroc à travers le Sahara est une mesure souveraine visant à renforcer les infrastructures et les liens commerciaux conformément aux intérêts nationaux du pays, sans viser aucune partie. Cette déclaration intervient au moment où les critiques se multiplient de la part du Front Polisario, qui a exprimé son rejet du projet et menacé Nouakchott des conséquences de cette démarche.
Dans un entretien à Radio France Internationale, Ould Abdallah a souligné que la Mauritanie a le droit de développer ses infrastructures en fonction de ses besoins économiques, notamment à la lumière des crises économiques et sociales qu’elle traverse. Il a expliqué que l’intérêt national est la priorité dans cette démarche, même si cela peut gêner certaines parties, en référence aux objections du Polisario.
L’ancien ministre a souligné que la Mauritanie maintient une position neutre depuis la signature de l’accord de 1979 sur le conflit du Sahara, mais que cette position ne signifie pas négliger les intérêts stratégiques du pays, notamment au vu de sa situation géographique qui en fait un corridor majeur vers les côtes africaines.
Il est prévu que le nouveau passage reliera la ville marocaine de Smara à Amgalla, jusqu’à Bir Umm Krin, sur le territoire mauritanien. Ce passage fait partie de projets d’infrastructures en croissance dans la région, tels que la route entre la Mauritanie et l’Algérie et le pont reliant la Mauritanie au Sénégal sur le fleuve Rosso, qui renforce les liens régionaux.
Ould Abdallah a ajouté qu’il existe un intérêt croissant pour le développement du réseau de transport en Afrique du Nord et de l’Ouest, qui comprend également le projet de ligne maritime entre la ville marocaine de Dakhla et Dakar au Sénégal, qui devrait contribuer à renforcer le commerce et les investissements régionaux.
Concernant les déclarations du Polisario, l’ancien ministre a souligné que la Mauritanie n’est pas responsable d’une éventuelle escalade, notant que les projets d’infrastructures doivent rester loin des conflits politiques. Il a souligné que la région a cruellement besoin de développer des réseaux de transport pour faire progresser le développement économique.
Concernant l’impact du nouveau passage sur l’accord de cessez-le-feu signé en 1991 entre le Maroc et le Polisario, Ould Abdallah a indiqué que cette question concerne les parties concernées par le conflit et que la Mauritanie n’y est pour rien.
Cette déclaration reflète l’adoption continue par la Mauritanie d’une politique de neutralité positive, axée sur ses intérêts nationaux et construisant des relations équilibrées avec ses voisins. Dans le même temps, le rapprochement maroco-mauritanien s’accentue, inquiétant le Polisario qui y voit une menace pour son statut régional.
Cette tension était clairement évidente dans une lettre attribuée à Bashir Mustafa al-Sayyid, conseiller du chef du Polisario, dans laquelle il exprimait sa préoccupation quant au fait que le nouveau passage conduisait à un changement dans l’équation régionale. Malgré les messages d’avertissement, il semble que le Front soit confronté à des défis internes croissants, en particulier parmi la jeunesse sahraouie, qui commence à montrer de l’inquiétude en raison de la détérioration des conditions de vie et de la poursuite d’un discours politique qu’ils considèrent comme éloigné de la réalité.

Source :Ma presse
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