Algérie – L’intelligence artificielle au cœur des élections… un débat sur l’influence de l’opinion publique

Algérie –La chercheuse franco-algérienne et experte dans le domaine de l’intelligence artificielle, Warda Barachid Baelich, a mis en garde contre l’escalade de l’utilisation des technologies de l’intelligence artificielle dans les campagnes électorales en cours, estimant que ce changement pourrait remodeler le mode de communication politique et poser des défis liés à la transparence et à l’influence sur les électeurs, dans un entretien au journal Al-Khabar.

Le chercheur, auteur du livre « Les humains à l’ère de l’intelligence artificielle », a expliqué que ces technologies ne se limitent plus à améliorer la production d’affiches ou de textes, mais s’étendent plutôt à l’analyse des tendances électorales, à la personnalisation des messages politiques et à la division du public en catégories précises, ce qui donne aux campagnes une plus grande capacité de ciblage et d’influence.

Elle a ajouté que les utilisations les plus importantes de l’intelligence artificielle dans le contexte électoral comprennent la production de contenus politiques tels que des discours, des publications et des vidéos, en plus de l’analyse de l’opinion publique à travers le suivi des interactions numériques, ainsi que des outils pour l’organisation interne des campagnes comme la synthèse de documents et la gestion d’équipes.

Elle a également souligné l’émergence d’outils plus sophistiqués tels que les chatbots et les agents numériques capables d’interagir avec les électeurs, mettant en garde contre leur utilisation abusive pour créer « l’illusion de proximité » ou manipuler l’opinion publique et diffuser des informations trompeuses.

Le chercheur a souligné que le danger ne réside pas dans la technologie elle-même, mais dans la manière dont elle est utilisée, soulignant que le bon usage de l’intelligence artificielle doit être basé sur l’exactitude, l’authenticité, la transparence et la responsabilité, afin qu’elle ne se transforme pas en un outil d’influence cachée au lieu de servir le débat démocratique.

Dans le même contexte, elle a averti que l’influence politique à l’ère numérique n’est plus directe, mais dépend plutôt de messages individuels envoyés via des algorithmes, ce qui peut conduire à une refonte invisible de la conscience des électeurs et à la division du débat public en « mondes numériques isolés

Source : « My Press »

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