Tunisie –
Des milliers de familles en Tunisie, notamment dans les quartiers anciens, vivent quotidiennement sous la menace de maisons au bord de l’effondrement, de l’absence d’alternatives de logement et du coût élevé des loyers, ce qui fait du danger une option imposée à de larges couches de la population.
Selon les données qui circulent, ces bâtiments délabrés sont répartis dans plusieurs villes, notamment dans le Grand Tunis, à Bizerte et à Sfax, où les murs et les toits fissurés menacent de s’effondrer dans les rues qui n’ont pas été restaurées depuis des années, tandis que les habitants continuent d’y vivre malgré les dangers qui menacent.
Les estimations officielles indiquent que la Tunisie compte des milliers de propriétés classées comme immeubles à risque d’effondrement, dont environ un millier d’immeubles dans la seule capitale, en plus de plus de 1 600 propriétés anciennes réparties dans plusieurs gouvernorats, compte tenu des difficultés qui entravent la mise en œuvre des décisions d’évacuation ou de restauration.
Cette crise est due à des facteurs accumulés, notamment les complications administratives, le manque de financement et l’absence d’alternatives de logement convenables, ce qui pousse de nombreuses familles à préférer rester dans des logements insalubres plutôt que de faire face à des prix de location élevés, qui dans certains cas dépassent la moitié des revenus des familles.
Dans les témoignages de terrain, les habitants confirment que la peur de l’effondrement fait désormais partie de leur quotidien, notamment en période de pluie, lorsque les fuites se transforment en signaux de danger, sans solutions pratiques disponibles pour garantir leur sécurité.
Cette question est récemment revenue sur le devant de la scène après que des effondrements partiels ont été enregistrés dans un certain nombre de bâtiments suite aux fluctuations météorologiques, en plus de divers incidents qui ont suscité une vague de critiques concernant la lenteur des interventions et la faiblesse des mesures de prévention.
Le danger de ces bâtiments ne se limite pas uniquement à leurs résidents, mais s’étend également aux passants, car des parties des murs ou des plafonds peuvent s’effondrer soudainement, transformant les espaces publics en zones dangereuses.
Pour tenter de remédier à cette situation, le Parlement tunisien a approuvé en juin 2024 une loi sur les bâtiments menacés d’effondrement, visant à accélérer les procédures d’intervention, que ce soit par la restauration, la démolition ou l’expulsion, avec la possibilité de recourir à l’expropriation en cas d’urgence.
Cependant, les autorités locales confirment que la mise en œuvre de cette loi se heurte à des défis majeurs, liés à la faiblesse des ressources humaines et financières, ainsi qu’à la complexité des procédures administratives, qui rendent la résolution de la crise dépendante d’une coordination plus large entre l’État, les municipalités et les propriétaires.
Ces bâtiments restent témoins d’une crise urbaine et humanitaire en cours, à la lumière des craintes que toute fluctuation climatique ou toute négligence supplémentaire ne conduise à des catastrophes potentielles menaçant la vie des habitants.
Source :“Ma presse”
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