Tunisie : 24 ans de prison pour l’ancien premier ministre, et le mouvement Ennahdha dénonce la décision

Tunisie –La Cour d’appel tunisienne a rendu un jugement définitif condamnant à une peine de 24 ans l’ancien Premier ministre et leader du mouvement Ennahda, Ali Al-Arayedh, dans le cadre de l’affaire connue dans les médias sous le nom de dossier « d’expulsion de jeunes vers des points chauds » en Syrie au cours de la période 2012-2013.

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Cette décision est intervenue après une longue séance au cours de laquelle les arguments de la défense se sont poursuivis jusque tard dans la nuit, avant que le tribunal n’annonce sa décision vendredi matin, qui comprenait également diverses décisions contre un certain nombre d’accusés, dont d’anciens dirigeants des forces de sécurité. Le tribunal a également décidé d’emprisonner Saif al Din al Rayes, ancien porte-parole de l’organisation Ansar al Sharia, pour trois ans.

La justice tunisienne a inculpé Al-Arrayedh, détenu depuis 2023, pour avoir formé et rejoint un « groupe terroriste », en plus d’avoir utilisé le territoire tunisien pour commettre des crimes terroristes contre un pays étranger et ses citoyens.

Les enquêtes sur cette affaire ont été ouvertes après une plainte déposée par l’ancienne députée Fatima Al-Masdi en décembre 2021, liée à des soupçons d’avoir facilité le voyage de jeunes Tunisiens vers des zones de combat en Syrie pendant la période de gouvernement et de responsabilités sécuritaires d’Al-Arrayed.

En revanche, le mouvement Ennahdha a dénoncé ce jugement, le qualifiant d’« injuste », soulignant qu’il s’inscrit dans une série de procès qui ont touché nombre de ses dirigeants ces dernières années. Le leader du mouvement, Riyad Al-Shuaibi, a déclaré que la décision « n’est pas fondée sur des preuves réelles », estimant que l’affaire a un contexte politique.

Al-Shuaibi a souligné qu’Al-Arrayedh avait été l’un des premiers responsables à classer « Ansar al-Sharia » comme organisation terroriste en 2013, alors qu’il était ministre de l’Intérieur, et qu’il avait également lancé des mesures de sécurité pour empêcher les jeunes de se rendre dans les zones de conflit.

En mai 2025, le tribunal de première instance avait condamné Al-Arayed à 34 ans de prison, avant que la peine ne soit réduite en appel à 24 ans.

Ces évolutions interviennent dans le contexte de tensions politiques et judiciaires que connaît la Tunisie depuis 2021, après que le président Kais Saied a annoncé des mesures exceptionnelles, notamment la dissolution du Parlement et l’acquisition des pouvoirs exécutifs et législatifs, une mesure que ses opposants ont qualifiée de « coup d’État », tandis que ses partisans la considéraient comme une voie pour corriger la situation politique dans le pays.

Source :“Ma presse”

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