Libye – 18 février 2026
Un certain nombre de familles égyptiennes subissent le choc des appels téléphoniques en provenance de Libye, au cours desquels des passeurs leur demandent de payer d’importantes sommes d’argent en échange de la possibilité pour leurs enfants de poursuivre leur voyage migratoire irrégulier vers l’Europe, tout en les menaçant directement en cas d’absence de réponse.
L’un de ces cas concerne un jeune homme du gouvernorat de Sharkia qui a quitté son village à la fin de l’année dernière avec un groupe de personnes de sa région, avant que sa famille ne reçoive un appel lui demandant de payer environ 190 000 livres égyptiennes (environ 3 500 euros) en échange de son transport à travers la mer Méditerranée. Ses proches ont déclaré avoir été informés sur un ton menaçant que le défaut de paiement pourrait l’exposer à un sort inconnu.
Selon des témoignages identiques provenant d’autres familles de la même région, les réseaux de passeurs s’appuient sur la pression psychologique et le chantage des familles, exploitant le désir des jeunes d’immigrer et d’améliorer leurs conditions de vie. Certaines familles ont été contraintes de vendre leurs économies ou d’emprunter pour obtenir les sommes nécessaires, avant d’apprendre plus tard des noyades tragiques au large des côtes européennes, notamment un accident au large de l’île grecque de Crète qui a entraîné des morts et des disparitions, dont un certain nombre de villageois.
Des chiffres qui reflètent le sérieux du chemin
Selon les données publiées, en 2025, plus de 17 000 Égyptiens ont traversé la mer Méditerranée, considérée comme l’une des routes migratoires les plus dangereuses au monde. Au cours de la même année, 1 328 cas de décès ou de perte de migrants de différentes nationalités ont été enregistrés, selon les données publiées par Frontex et les organisations internationales.
Des rapports indiquent que la détérioration des conditions économiques, notamment la baisse de la valeur de la monnaie et la hausse du coût de la vie, ont contribué au désir croissant d’émigrer, en particulier parmi les jeunes. Depuis 2022, la monnaie locale a perdu une grande partie de sa valeur, parallèlement aux hausses successives des prix des matières premières et du carburant.
Les chercheurs en immigration estiment que les facteurs économiques jouent un rôle central dans la décision de partir, surtout à la lumière des possibilités d’emploi limitées, même pour les titulaires de diplômes supérieurs.
Des chemins plus dangereux
Après le renforcement des contrôles sur les côtes égyptiennes depuis 2016, nombre de ceux qui souhaitaient migrer se sont tournés vers la route occidentale via la Libye, traversant des zones désertiques lors de voyages décrits comme extrêmement dangereux. Les organisations humanitaires rapportent que certains survivants de ces parcours ont parlé de violations graves, notamment de détention arbitraire, de mauvais traitements et de travail forcé.
En 2024, l’Union européenne a signé un accord de partenariat avec l’Égypte d’un montant de 7,4 milliards d’euros pour soutenir le développement économique et réduire les flux migratoires irréguliers. Cependant, les observateurs confirment que pour lutter contre ce phénomène, il faut améliorer les conditions de vie et renforcer le sentiment de sécurité et de stabilité dans le pays d’origine.
Entre perte et espoir
Malgré les risques croissants, certaines histoires finissent néanmoins par atteindre l’Europe, où les migrants peuvent trouver des opportunités de travail et transférer de l’argent à leur famille. Cependant, le chemin qui y mène reste semé d’embûches, et les familles en paient le prix entre attendre des nouvelles de leur survie ou recevoir des nouvelles d’une nouvelle tragédie.
Le phénomène de la migration irrégulière reste complexe et comporte de multiples facteurs, notamment les pressions économiques, les rêves individuels et les réseaux de passeurs qui exploitent la fragilité de la situation pour réaliser des gains illicites.
Source :“Ma presse”
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